Vues d'exposition

Noir profond

Noir profond
2019

Exposition personnelle
Le Haïdouc, Bandits-Mages, Bourges

Voir le noir du monde, son effroyable violence, et la triste Histoire des êtres humains qui se répète.

Il s’agit alors de faire face à un sentiment d’impuissance, grandissant, de sortir du déni et de rendre compte de ce qui est. De l’état du monde, de son effondrement, tant sur un plan écologique qu’économique.

Cette proposition interroge le travail de mémoire même, à travers une expérience esthétique qui ne se bornerait pas à une fascination fataliste d’un éternel recommencement, mais encouragerait tout espoir.

Pièces présentées : Making Circle #7 / Fleur bleue et rose blanche / We were hungry before we were born

Deep black
2019

Personal exhibition
Le Haïdouc, Bandits-Mages, Bourges

See the darkness of the world, its appalling violence, and the sad history of human beings that is repeated.

It is then a question of facing a feeling of helplessness, that is growing up, of coming out of denial and of giving an account of what is. The state of the world, its collapse, both ecologically and economically.

This proposal questions the work of memory itself, through an aesthetic experience that is not limited to a fatalistic fascination of an eternal cycle, but would encourage all hope.

Featured pieces: Making Circle # 7 / Blue Flower and White Rose / We were hungry before we were born

 

 

Making Circle #7
2017
Durée 21’02”.
HD, 16/9, stéréo, couleurs

Dessin amplifié réalisé In Situ, charbon sur bois.
Soutien à la production Bandits-Mages.

Debout face à une cimaise servant de surface de captation, je trace au charbon de manière répétitive un cercle de mon envergure dont la forme évolue et se transforme. Le son tient une place centrale dans la perception de l’œuvre. Il est modulé par le mouvement, le support et l’acoustique du lieu.

Au fur et à mesure, le morceau de charbon se désagrège. Il se réduit en poussière et le dessin s’agrandit, formant une expansion qui se réalise par la ruine et l’exploitation extrême des matériaux. La durée de la performance est définie par l’épuisement du geste et en fonction de l’évolution de la composition.

Se dessine ainsi l’empreinte visuelle et acoustique de l’effort qui invite à plonger dans un flux de sons concrets propices à la méditation. La contemplation de cet éternel retour invite aux questionnements sur le devenir et la transformation.

De cette entropie, j’ouvre mon dispositif pour Making Circle #7, et le fait sortir de l’espace clos pour l’intégrer à la nature, pour en partager les sonorités.

Making circle #7
2017

Duration 21’02”.
HD, 16/9, stereo, colors

Amplified drawing realised In Situ, charcoal on wood.
Production support, Bandits-Mages.

Standing in front of a cima serving as a capture surface, I repetitively draw with charcoal a circle of my size, whose shape evolves and is transformed. Sound takes a central place in the perception of the work. It is modulated by the movement, the support and the acoustics of the place.

As and when, the piece of coal disintegrates. It is reduced to dust and the drawing is enlarged, forming an expansion that is realized by the ruin and extreme exploitation of materials. The duration of the performance is thus defined by the exhaustion of the gesture and according to the evolution of the composition.

This draws the visual and acoustic imprint of the effort that invites us to dive into a flow of concrete sounds conducive to meditation. Contemplation of this eternal return raises questions about becoming and transformation.

From this entropy, I open my device for Making Circle # 7, and take it out of the closed space to integrate it with nature, to share its sounds.

Un espace noir et un espace blanc délimités par un rideau de scène...

Le son féroce du charbon sur le bois s’anime dans un espace noir, et résonne dans un espace blanc, anti-spectaculaire.

Fleur bleue et rose blanche
2012
Composition florale suspendue : Aiguille à larder, fleur bleue, rose blanche
Dimensions variables.

L’objet rappelle un Ikebana, art japonais qui se distingue, par sa symbolique, son asymétrie et sa recherche de l’utilisation de l’espace.

Cet Ikebana se compose d’une rose blanche et d’une fleur bleue maintenues par un lardoir, tige creuse métallique ouverte dans sa longueur, permettant d’insérer du lard dans l’épaisseur des pièces de viande.

« Fleur bleue et Rose blanche » revisite l’histoire allemande :

« Die Weiße Rose » est le nom d’un groupe de résistants Munichois, fondé en juin 1942, composé de quelques étudiants et de leurs proches et soutenus par leur professeur de philosophie Kurt Huber.

Révoltés par le totalitarisme hitlérien et les souffrances causées par la guerre, leur convictions sont fondées sur une profonde culture humaniste.
Les étudiants se référèrent dans leurs tracts qui sont un appel vibrant à la conscience collective, notamment à Goethe et Novalis.

Après leur exécution en 1943 par la Gestapo, des millions d’exemplaires de leur dernier tract seront lâchés sur le territoire allemand par l’aviation anglaise, perpétuant ainsi l’œuvre de résistance éthique.

« Die blaue Blume » quant à elle s’inspire du roman inachevé de Novalis « Heinrich von Ofterdingen ».
Le fragment commence avec le rêve de la fleur bleue qui devient le visage d’une jeune fille. A son réveil Heinrich se met à la recherche de cette fleur.

Chez Novalis, cette fleur symbolise l’amour absolu qu’Henri porte à Mathilde mais aussi l’union du rêve et du réel, signe des affinités des deux mondes.

L’expression devenue célèbre de « fleur bleue » préfigure un des grands objectifs du romantisme allemand, c’est à dire la recherche du paradis perdu, la communication avec la nature et la proximité de la mort.

Blue flower and white rose
2012

suspended Ikebana : larding needle, a blue flower, a white rose.
Variables dimensions

The object is reminiscent of an Ikebana, a Japanese art distinguished by its symbolism, its asymmetry and its search for the use of space.

This Ikebana is composed of a white rose and a blue flower held by a hollow metal rod opened in its length, allowing to insert fat in the thickness of the pieces of meat.

As a Parable, this Ikebana could be seen to have been enacted throughout the German history :

'Die Weisse Rose' (The White Rose) was founded in Munich in June 1942. This was the name of a resistance group composed of some students and their families and supported by their philosophy professor Kurt Huber.

Revolted by Hitler's totalitarianism and the sufferings caused by war, their beliefs were based on a deeply humanistic culture.
The students referred in their leaflets which are a vibrant call to the collective conscience, especially to Goethe and Novalis.

After their execution in 1943 by the Gestapo, millions of copies will be over German territory by the British air force, thus perpetuating the work of ethical resistance.

'Die Blaue Blume' (The Blue Flower) was inspired by 'Heinrich von Ofterdingen', the unfinished novel of Novalis.
The fragment begins with the dream of the blue flower that becomes the face of a young girl. Upon awakening Heinrich goes in search of this flower.

For Novalis, this flower symbolizes not only the absolute love Henri will bear for his young Mathilde but also the affinities in the signs of, and union of, both the worlds of Dream and Reality.

The now famous expression "blue flower" foreshadows a major objective of German romanticism, that is the search for the lost paradise, the communication with nature, and the sobriety from facing death.

We were hungry before we were born
(Nous avions faim avant d’être nés)
2012
Wall white lacquer, 126 x 174 cm. Human skull base and gilded with gold leaf 22.5 carats.

"We were hungry before we were born" est une vanité, s’inscrivant dans la continuité du genre qui invite à méditer sur le caractère fugace de la vie, la fuite du temps.

Sur une surface rectangulaire blanche, brillante, immaculée, s’y trouve soclé un crâne humain.

Sa cavité à été dorée à la feuille d’or, mettant en lumière un relief rhizomique et accidenté, et plaçant la « préciosité » à l’intérieur du crâne.

Memento mori symbolise science, richesse, puissance, beauté, fragilité, destruction, et triomphe de la mort.

Le titre, We were hungry before we were born, renvoie à une forme de constat, de résilience ou de sursaut, face à un avenir qui semble déjà dressé.

We were hungry before we were born
2012
Laque blanche murale, 126 x 174 cm. Crâne humain soclé et doré à la feuille d’or 22,5 carats.

We were hungry before we were born is a vanity, part of the continuity of the genre that invites us to meditate on the fleetingness of life, the flight of time.

On a white rectangular surface, brilliant and immaculate, there is a human skull.

Its cavity was gilded with gold leaf, highlighting a rhizomic and uneven relief, and placing the "preciousness" inside the skull.

Memento mori symbolizes science, wealth, power, beauty, fragility, destruction, and the triumph of death.

The title, We were hungry before we were born, refers to a form of observation, resilience or a start, facing a future that already seems set.